Le Body Art relève à la fois de la performance, du happening ou de toute création plastique qui prend le corp comme sujet et comme matériau. Il se repandra à travers le monde sous différentes formes.
Le corp apparait à la fois comme support de l'expression pure du Moi et symbole d'une obligation sociale qui entrave la liberté. Il met en lumière - souvent de façon violente - le problème de la limite en l'art et le non-art, entre la vie et la mort, entre la raison et l'inconscient, entre la liberté subjective et le contrôle social. Aux violences scatologiques de Brus, aux douleurs de Pane s'opposent la performance d'attitude sculturale de Gilbert & George et le jeu du travestissement et du maquillage de Castelli.
Considerant le corps vivant comme materiau, l'art corporel se confond peu à peu avec le happening qui considère que l'acte en soi fait l'oeuvre.
Aux Etats Unis, le Body Art apparait avec Serra, Nauman et particulièrement avec Acconci, comme un dépassement radical du minimalisme toujours inféodé à la question de la forme définitive.
Marqué par la guerre, le Body Art accompagne la révolte des campus et prend aussi une dimension morbide et masochiste comme dans le happening suicide de Schwarzkogler, qui s'est amputé le pénis, centimètre après centimètre, jusqu'au décès.
En Angleterre, en offrant du happening une vision sereine dont les tensions sont éludées, Gilbert & George vont jusqu'à sa mettre en situation de sculptures vivantes. Cette aspiration à se figer en sculpture apparait aussi chez Beuys, qui y trouve la concrétisation du message politique inhérent à toute action.
En France, l'Art Corporel, définit comme "Artitude" par François Pluchart, son théoricien, réunit Journiac, Pane et Luthi.
Photo:
Gina Pane. Action Laure, 1977 © Galerie Isy Brachot, Bruxelles