Body Art

Body Art
L'expression body art réunit des artistes qui travaillent ou on travaillé avec le langage du corps afin de mieux interroger les déterminismes collectifs, le poids des rituels sociaux ou encore les codes d'une morale familiale et religieuse. À partir de gestes et d'attitudes s'est ainsi constituée une histoire complexe, qui s'inscrit dans l'esthétique de la dématérialisation de l'œuvre d'art propre aux années 1960. Durant la période fondatrice, comprise entre le début des années 1960 et la fin des années 1970, le corps apparaît fréquemment comme le vecteur de la contrainte et de la rébellion. Les expériences exécutées directement sur lui expriment, tantôt avec humour, tantôt avec gravité, les remises en cause des idées préconçues sur nos manières d'être.

Le body art n'a cependant pas été une esthétique au sens exact du terme, comme en témoignent les différentes expressions utilisées par les artistes pour qualifier leur projet : happening, performance, action, cérémonie, event. Tout en revendiquant le corps comme élément d'un énoncé performatif, chaque artiste a réévalué les relations traditionnelles avec le spectateur selon des modalités susceptibles ou non d'intégrer d'autres disciplines : musique, danse, vidéo, poésie concrète, théâtre...




Photo:
Sim
on Costin
"Scar 2", 1996, cibachrome dans caisson lumineux, 126x86 cm.
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# Posté le mercredi 28 mai 2008 05:49

Body Art

Body Art
Rapidement, les pratiques corporelles se singularisent par leurs modes opératoires. Il s'agit dans certains cas de rituels collectifs au caractère souvent spectaculaire, dans d'autres cas, d'événements éphémères présentés devant un public restreint le temps d'une soirée, généralement dans une galerie, mais aussi d'actions solitaires conduites dans la rue ou l'intimité de l'atelier et le plus souvent pensées en fonction du langage photographique ou de la prise de vues cinématographique.

Il est communément admis que les premiers signes d'un art conjuguant comportement et action se trouvent dans l'expérience des « femmes pinceaux » d'Yves Klein qui, en 1958, ont donné naissance aux premières Anthropométries, mais également dans les Sculptures vivantes de l'Italien Piero Manzoni, véritable transsubstantiation artistique d'un corps nu en œuvre d'art, ou bien encore dans les nombreuses expérimentations menées au Japon, dès 1955, par le groupe Gutaï pour concilier expressionnisme abstrait et actions violentes passant par une lutte avec la matière et son support. Il n'en reste pas moins que toutes ces recherches, bien qu'elles composent déjà un art d'attitudes, contribuent essentiellement à donner un nouveau statut à la peinture, à la sculpture ou à l'installation. Elles n'autorisent pas encore le corps à devenir le champ d'action exclusif d'une nouvelle conscience perceptive.



Photo:
Mari
na Abramovic

# Posté le mercredi 28 mai 2008 05:56

Body Art

Body Art
Dans les années 1970, agissant souvent comme un faisceau d'actions artistiques, politiques et parfois subversives, l'art corporel a repoussé certaines limites de représentation, en suscitant parfois les réactions négatives d'un public médusé.

La Messe pour un corps, de Michel Journiac, une réinterprétation personnelle de la liturgie catholique, met en scene l'artiste et le boudin produit avec son propre sang. Gina Pane, elle, met en scene un corps dans sa dimension à la fois ludique et fragile, où les violences qu'elle s'inflige sont destinées à susciter une communication avec la psyché la plus profonde du spectateur.

Hermann Nitsch a organisé des crucifixions d'animaux, où des échos religieux et politiques se font ressentir. La cubaine Ana Mendieta, très engagée politiquement, s'est aussi servie de son corps comme vecteur artistique.



Photo:
Gina Pane, "Action Sentimentale" 1973
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# Posté le mercredi 28 mai 2008 06:01

Body Art

Body Art
Le Body Art reve à la fois de la performance, du happening ou de toute création plastique qui prend le corp comme sujet et comme matériau. Il se repandra à travers le monde sous différentes formes.
Le corp a
pparait à la fois comme support de l'expression pure du Moi et symbole d'une obligation sociale qui entrave la liberté. Il met en lumière - souvent de façon violente - le problème de la limite en l'art et le non-art, entre la vie et la mort, entre la raison et l'inconscient, entre la liberté subjective et le contrôle social. Aux violences scatologiques de Brus, aux douleurs de Pane s'opposent la performance d'attitude sculturale de Gilbert & George et le jeu du travestissement et du maquillage de Castelli.
C
onsiderant le corps vivant comme materiau, l'art corporel se confond peu à peu avec le happening qui considère que l'acte en soi fait l'oeuvre.

Au
x Etats Unis, le Body Art apparait avec Serra, Nauman et particulièrement avec Acconci, comme un dépassement radical du minimalisme toujours inféodé à la question de la forme définitive.
Marqu
é par la guerre, le Body Art accompagne la révolte des campus et prend aussi une dimension morbide et masochiste comme dans le happening suicide de Schwarzkogler, qui s'est amputé le pénis, centimètre après centimètre, jusqu'au décès.

E
n Angleterre, en offrant du happening une vision sereine dont les tensions sont éludées, Gilbert & George vont jusqu'à sa mettre en situation de sculptures vivantes. Cette aspiration à se figer en sculpture apparait aussi chez Beuys, qui y trouve la concrétisation du message politique inhérent à toute action.

En
France, l'Art Corporel, définit comme "Artitude" par François Pluchart, son théoricien, réunit Journiac, Pane et Luthi.



Photo:
G
ina Pane. Action Laure, 1977 © Galerie Isy Brachot, Bruxelles

# Posté le mercredi 28 mai 2008 10:02

Pattern Painting et New Decoration (1976)

Pattern Painting et New Decoration (1976)
Ce mouvement créé par Shapiro et Zakanitch, réagit à la littéralité du minimalisme en prônant un retour au lyrisme décoratif d'un Matisse ou d'un Dufy. La Pattern Painting témoigne ainsi de l'importance de l'oeuvre de Matisse pour une large part des avants-gardes américaines depuis les années 50. Du courant formaliste qui s'est dévelopdu "Color-Field" au minimalisme, les artistes du Pattern Painting conservent la claire lisibili de la forme.
Pa
r contre, ils rejettent l'épuisement de la signification des formes au bénéfice d'un discours conceptualisé qui rend compte de l'oeuvre en termes de cohérence systématique. La Pattern Painting restaure le principe d'hédonisme inhérent à la peinture considérée comme image et non comme vecteur d'une idée. Cette peinture s'attache à la mise en oeuvre de principes décoratifs qui allient la complexité du dessin à l'exubérance des couleurs. Conception lyrique de la peinture, la Pattern Painting renoue avec une tradition artisanale marquée par les tapis, quilts, céramiques, mosaïques et papiers peints.
Au
ssi appelé Pattern Decoration ou New Decoration, elle rompt avec la culture minimaliste dominante pour revenir aux sources de l'abstraction comme peinture libre. Outre Shapiro et Zakanitch, revendiquent leur appartenance à ce courant Jaudon, Kozloff, Kushner, MacConnel, Ripps et Smyth.



Photo:
Sha
piro, "Summer", Mosaïque

# Posté le mercredi 28 mai 2008 14:00

Modifié le mercredi 28 mai 2008 17:10